
Pourquoi les droits de douane américains reviennent au centre de l’actualité
Les droits de douane US sont de nouveau un sujet majeur pour les entreprises qui souhaitent exporter aux États-Unis, importer depuis le marché américain ou travailler avec des fournisseurs internationaux.
Et si on en parle autant en 2026, ce n’est pas pour rien.
Ces derniers mois, les États-Unis ont multiplié les annonces commerciales : surtaxe temporaire de 10 % sur de nombreuses importations, accord commercial UE–États-Unis avec un taux d’environ 15 % sur de nombreux produits européens, fin du régime “de minimis” pour les petits colis et proposition de droits additionnels liés au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement.
Pour une entreprise européenne, exporter aux États-Unis peut rester une vraie opportunité. Le marché américain est vaste, dynamique et attractif. Mais avant de se lancer, une question doit être posée clairement.
La question n’est pas seulement :
“Puis-je vendre mes produits aux États-Unis ?”
La vraie question est plutôt :
“Combien cela va-t-il réellement coûter à mon entreprise une fois le produit arrivé sur le marché américain ?”
Car entre le transport, les assurances, les formalités douanières, les droits de douane US, les surtaxes et les éventuelles restrictions, une marchandise peut rapidement coûter plus cher que prévu.
Autrement dit, les droits de douane US peuvent modifier le coût réel d’une exportation vers les États-Unis, même lorsque le produit semble rentable au départ.
Droits de douane US : de quoi parle-t-on exactement ?
Un droit de douane est une taxe appliquée à l’importation d’un produit dans un pays.
Aux États-Unis, les droits de douane sont généralement calculés à partir de plusieurs éléments :
- la nature du produit ;
- son code douanier, appelé code HTS aux États-Unis ;
- son pays d’origine ;
- sa valeur déclarée ;
- les accords commerciaux applicables ;
- les droits additionnels décidés par les autorités américaines.
En clair, deux produits très proches peuvent avoir des droits de douane différents s’ils n’ont pas le même code HTS ou la même origine.
C’est pour cette raison qu’une estimation générale ne suffit pas.
Avant d’exporter vers les États-Unis, une entreprise doit vérifier le code HTS, l’origine réelle du produit, sa valeur déclarée et les mesures tarifaires applicables au moment de l’expédition.
Ce qui a récemment changé dans les droits de douane américains
En 2026, plusieurs décisions rendent les exportations vers les États-Unis plus sensibles pour les entreprises.
1. Une surtaxe temporaire de 10 % sur de nombreuses importations
Le 24 février 2026, les États-Unis ont mis en place une surtaxe temporaire de 10 % sur de nombreux articles importés sur leur territoire.
Cette surtaxe est dite “ad valorem”. Cela signifie qu’elle est calculée sur la valeur de la marchandise. Par exemple, si un produit est déclaré à 10 000 dollars, une surtaxe de 10 % représente 1 000 dollars supplémentaires.
Cette mesure doit s’appliquer jusqu’au 24 juillet 2026, sauf suspension, modification ou prolongation par le Congrès américain.
Elle s’ajoute aux droits de douane, taxes, frais et charges déjà applicables aux produits concernés.
Mais tous les produits ne sont pas traités de la même manière.
Les principales exceptions concernent notamment :
- certains minerais critiques ;
- certains métaux utilisés pour la monnaie et les lingots ;
- l’énergie et certains produits énergétiques ;
- certaines ressources naturelles et certains fertilisants ;
- certains produits agricoles, comme le bœuf, les tomates et les oranges ;
- les produits pharmaceutiques et ingrédients pharmaceutiques ;
- certains produits électroniques ;
- les véhicules particuliers, certains camions, bus et pièces automobiles ;
- certains produits aéronautiques ;
- les livres, documents d’information, dons et bagages accompagnés ;
- certains produits déjà soumis à des mesures spécifiques, notamment l’acier et l’aluminium ;
- les produits originaires du Canada ou du Mexique qui entrent en franchise dans le cadre de l’USMCA ;
- certains textiles et vêtements originaires d’Amérique centrale ou de République dominicaine dans le cadre du CAFTA-DR ;
- certains biens déjà en transit avant l’entrée en vigueur de la mesure, sous conditions.
Concrètement, une entreprise européenne ne doit pas seulement se demander :
“Y a-t-il 10 % de plus sur mon produit ?”
La question est plutôt :
“Mon produit est-il concerné par la surtaxe, ou fait-il partie des exceptions prévues par les autorités américaines ?”
Le bon réflexe est de partir du code HTS du produit, puis de vérifier si ce code figure dans les annexes d’exclusion ou dans un régime tarifaire spécifique. Cette surtaxe américaine de 10 % est large, mais elle doit toujours être vérifiée produit par produit.
2. Accord UE–États-Unis : le taux de 15 % entre dans le concret
L’accord commercial UE–États-Unis s’est construit en deux temps.
Le 27 juillet 2025, les États-Unis et l’Union européenne ont annoncé un accord politique à Turnberry, en Écosse. L’objectif était simple : éviter une nouvelle guerre commerciale entre les deux blocs.
À ce moment-là, les États-Unis menaçaient d’appliquer des droits beaucoup plus élevés sur les produits européens. L’accord a permis de fixer un cadre plus lisible, avec un taux de 15 % sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis.
Ce taux concerne de nombreux produits européens, notamment l’automobile, certaines pièces détachées, certains produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs, le bois et plusieurs biens manufacturés.
Mais le 15 % n’est pas une règle universelle. Certains produits peuvent bénéficier de droits nuls ou réduits. D’autres restent soumis à des régimes particuliers, notamment dans les secteurs sensibles comme l’acier, l’aluminium ou certains produits stratégiques.
L’accord commercial est entré dans une phase active côté européen ce 16 juin 2026. Le Parlement européen a en effet voté en faveur de la baisse ou de l’annulation des taxes douanières sur divers produits américains, avec 440 voix pour, 151 contre et 50 abstentions.
Ce vote permet à l’Union européenne de respecter sa partie de l’accord et d’éviter une nouvelle escalade tarifaire avec Washington.
Un taux de 15 % peut changer fortement la rentabilité d’une opération. Sur une marchandise déclarée à 100 000 dollars, cela représente 15 000 dollars de droits de douane, avant même d’ajouter le transport, l’assurance, le dédouanement ou les frais de distribution.
Avant d’exporter vers les États-Unis, il faut donc vérifier si le produit est concerné par ce taux, par une exception ou par un régime sectoriel spécifique.

3. Le de minimis : ce qui change pour les petits colis
Le terme « de minimis » vient du latin de minimis non curat lex, que l’on peut traduire par : « la loi ne s’occupe pas des petites choses ». En droit douanier international, il désigne le seuil de valeur en dessous duquel certaines marchandises peuvent entrer dans un pays avec peu ou pas de droits de douane.
Aux États-Unis, ce seuil était de 800 dollars.
Ce régime existait depuis 1938 et s´élever à 800 dollars en 2015 pour faciliter les petits envois et le e-commerce.
Mais ce système a été progressivement remis en cause.
Le 2 avril 2025, les États-Unis ont annoncé la fin du traitement de minimis pour les colis de faible valeur en provenance de Chine et de Hong Kong.
Le 30 juillet 2025, une nouvelle décision a étendu la suspension du de minimis à tous les pays.
Depuis le 29 août 2025, les colis d’une valeur inférieure ou égale à 800 dollars envoyés vers les États-Unis ne bénéficient plus automatiquement du traitement duty-free de minimis.
Avant, un petit colis pouvait sembler simple à expédier. Aujourd’hui, il peut générer des droits de douane, des frais de traitement, des contrôles ou des formalités supplémentaires.
4. Droits liés au travail forcé : une proposition officielle depuis juin 2026
Le 2 juin 2026, l’USTR, le représentant américain au commerce, a publié les résultats de 60 enquêtes Section 301 liées au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement.
L’administration américaine estime que plusieurs économies ne disposent pas de contrôles suffisants pour empêcher l’importation de produits fabriqués avec du travail forcé. Pour répondre à cette situation, elle propose des droits additionnels de 10 % ou 12,5 % sur les importations provenant de ces pays ou zones économiques.
L’Union européenne fait partie des économies concernées par la proposition de droits additionnels de 10 %. D’autres pays pourraient être concernés par un taux de 12,5 %, selon le niveau d’engagement ou d’application de leurs règles contre le travail forcé.
À ce stade, il s’agit d’une proposition, pas d’un droit déjà appliqué automatiquement à toutes les marchandises. La mesure fait partie d’une procédure commerciale américaine qui peut encore évoluer après commentaires, auditions et décisions finales.
Mais pour les entreprises, le signal est important.
Les droits de douane US ne concernent plus seulement le produit, sa valeur ou son origine. Ils peuvent aussi être liés à la conformité des fournisseurs, à la traçabilité et aux conditions de production.
Pour exporter vers les États-Unis, il devient donc de plus en plus important de pouvoir justifier l’origine des produits, la fiabilité des fournisseurs et la conformité de la chaîne d’approvisionnement.
Droits de douane US : pourquoi l’incertitude va rester élevée
Le principal problème pour les entreprises n’est pas seulement le niveau des droits de douane.
C’est l’incertitude.
Les décisions tarifaires américaines peuvent évoluer rapidement. Certaines mesures sont temporaires. D’autres peuvent être prolongées, ajustées ou remplacées.
Pour une entreprise, cette instabilité complique les décisions.
Faut-il changer de fournisseur ?
Faut-il augmenter ses prix ?
Faut-il stocker davantage ?
Faut-il modifier ses Incoterms ?
Faut-il privilégier une autre origine ?
Faut-il revoir son modèle e-commerce ?
Ces questions doivent être traitées avant l’expédition, pas au moment du dédouanement. L’incertitude tarifaire aux États-Unis oblige les entreprises à calculer leurs coûts avant chaque opération d’import-export.
L’analyse Nexline
Les droits de douane US ne doivent plus être considérés comme une simple formalité administrative.
Ils font désormais partie des grands paramètres de pilotage du commerce international.
Pour les entreprises européennes, l’enjeu est clair : continuer à vendre sur le marché américain tout en protégeant leurs marges, leurs délais et leurs engagements clients.
Vous n’avez pas seulement besoin de savoir si un produit peut entrer aux États-Unis.
Vous avez besoin de savoir combien il coûtera réellement une fois arrivé sur le marché américain, dans quel délai il pourra être livré et avec quel niveau de risque.
Vous souhaitez exporter aux États-Unis ou évaluer l’impact des droits de douane US sur vos flux actuels ? Contactez les experts Nexline pour analyser vos produits, vos codes douaniers, vos origines et vos coûts réels avant expédition.
En résumé :

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FAQ : droits de douane États-Unis
Qu’est-ce qui influence les droits de douane US en 2026 ?
Les droits de douane US en 2026 sont influencés par plusieurs éléments : la surtaxe temporaire de 10 % sur de nombreuses importations, l’accord UE–États-Unis avec un taux de 15 % sur de nombreux produits européens, la fin du régime de minimis pour les petits colis et, possiblement, de futurs droits additionnels liés aux conditions de travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement.
Qu’est-ce que le régime de minimis aux États-Unis ?
Le terme « de minimis » vient du latin de minimis non curat lex, que l’on peut traduire par : « la loi ne s’occupe pas des petites choses ». En droit douanier international, il désigne le seuil de valeur en dessous duquel certaines marchandises peuvent entrer dans un pays avec peu ou pas de droits de douane
Les petits colis vers les États-Unis sont-ils soumis aux droits de douane ?
Oui, depuis le 29 août 2025, les petits colis vers les États-Unis peuvent être soumis aux droits de douane, aux frais de traitement et à des formalités supplémentaires, même lorsque leur valeur est inférieure ou égale à 800 dollars.
Quel est le taux de droit de douane entre l’Union européenne et les États-Unis ?
L’accord UE–États-Unis prévoit un cadre autour de 15 % pour de nombreux produits européens exportés vers les États-Unis. Certains produits peuvent toutefois bénéficier d’exceptions ou rester soumis à des régimes sectoriels spécifiques.

